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vendredi 17 juin 2016

Une heure d’activité physique – qu’en est-il des 23 heures restantes?



Le Bulletin annuel de l’activité physique chez les jeunes de ParticipACTION a été publié hier matin avec le titre « Les enfants canadiens sont-ils trop fatigués pour bouger? ». Le bulletin démontre que l’activité physique, le comportement sédentaire et les habitudes de sommeil sont étroitement liés.

Il a été publié conjointement avec les nouvelles directives en matière de mouvement sur 24 heures qui sont illustrées ci-dessous. Endossées par la Société canadienne de physiologie de l’exercice, les directives[i] sont appuyées par un numéro spécial de la revue Applied Physiology, Nutrition and Metabolism. Le principe est que, si on recommande aux jeunes de 5 à 17 ans d’accumuler au moins 1 heure d’activité physique d’intensité moyenne à élevée quotidiennement, les activités effectuées durant les quelques 23 heures restantes peuvent aussi influencer la santé. Chacune de ces recommandations est fondée sur une recension systématique de la littérature sur le sujet.


D- pour l’activité physique

La note attribuée à l’activité physique totale est D-. Cette note est basée sur les données objectives de l’Enquête canadienne sur les mesures de santé (2012-2013) qui indique que seulement 9% des jeunes de 5 à 17 ans sont suffisamment actifs. En contrepartie, 70% des enfants de 3 et 4 ans sont suffisamment actifs. Cette différence s’explique en partie parce les recommandations sont différentes pour les plus jeunes auxquels on recommande 180 minutes d’activité physique quotidienne, peu importe l’intensité.


Encore un D pour le transport actif…

Pour la sixième année consécutive, j’ai colligé les données pour la section sur le transport actif. Selon les  plus récentes données pancanadiennes, seulement 25-26% des jeunes utilisent habituellement un mode de transport actif pour aller à l’école. Ces résultats sont presque identiques à ceux qui ont été rapportés dans les versions antérieures du bulletin et, par conséquent, la note attribuée au transport actif demeure un D.

Il faudra des efforts plus importants pour augmenter la pratique d’activités physique et le pourcentage de jeunes qui utilisent le transport actif !

Pour plus de détails, vous pouvez télécharger gratuitement le bulletin sur le site web de ParticipACTION : http://stage.participaction.com/sites/default/files/downloads/2016%20ParticipACTION%20Bulletin%20-%20Complet.pdf


[i] NDLR : je préfère le mot recommandations qui me semble une meilleure traduction du mot guidelines

vendredi 22 avril 2016

Le transport actif et la santé des adultes canadiens



Ce mercredi, nous avons publié un nouvel article portant sur la relation entre le transport actif, l’activité physique et différents indicateurs de santé auprès d’un échantillon pancanadien de 7160 adultes âgés de 20 à 79 ans dans la revue Rapports sur la santé (Larouche et al., 2016). Cette étude est basée sur des données de l’Enquête canadienne sur les mesures de santé qui ont été collectées par Statistiques Canada entre mars 2007 et novembre 2011.

Les participants ont rapporté le nombre d’heures qu’ils consacrent habituellement à la marche et au vélo « utilitaire[i] » (soit pour aller au travail, à l’école ou faire les commissions) pendant une semaine habituelle. Dans nos analyses, nous avons employé 3 catégories pour la marche (soit moins d’une heure par semaine, 1-5 heures ou plus de 5 heures) et 3 catégories pour le vélo (pas du tout, moins d’une heure par semaine et plus d’une heure). Les catégories sont différentes pour la marche et le vélo étant donné que les canadiens marchent beaucoup plus qu’ils pédalent !

En effet, 94% des participants n’utilisaient pas le vélo pour leurs déplacements. À l’inverse, près de la moitié des participants affirmaient marcher entre 1 et 5 heures par semaine pour leurs déplacements.

Nous avons observé que les femmes, les participants âgés de 20 à 39 ans, ceux qui ont un moindre niveau d’éducation, un moindre revenu annuel et ceux qui affirmaient avoir un emploi plus exigeant physiquement rapportaient davantage de marche utilitaire. En ce qui a trait au vélo, les hommes et les participants âgés de 20 à 39 ans en faisaient davantage.


Le transport actif et l’activité physique…

Les participants ont été invités à porter un accéléromètre pendant 7 jours consécutifs pour mesurer la pratique d’activités physique. Nos résultats indiquent que les participants qui rapportaient davantage de transport actif étaient plus actifs physiquement. Par exemple, comparativement à ceux qui ne faisaient pas de vélo, ceux qui en faisaient au moins une heure par semaine accumulaient environ 16 minutes de plus d’activité physique d’intensité moyenne à élevée par jour. Sachant que l’Organisation mondiale de la santé (2010) recommande aux adultes d’accumuler 150 minutes d’activité physique d’intensité moyenne à élevée par semaine, il s’agit d’une différence considérable.

Cela dit, puisque les accéléromètres sous-estiment l’intensité de l’activité physique associée au vélo, nous supposons que les gens qui rapportaient davantage de vélo étaient aussi plus actifs dans leurs temps libres.

Même si je ne m’attends pas à ce que les lecteurs tombent de leur chaise en lisant que les adultes qui font davantage de transport actif ont un volume d’activité physique plus élevé, c’est important de le savoir. Certaines études ont montré que lorsque les gens augmentent leur activité physique dans un domaine (les 4 domaines sont les loisirs, le transport, le travail et les tâches ménagères), ils compensent parfois en étant moins actifs dans d’autres domaines (Gomersall et al., 2013). Par conséquent, on ne doit pas prendre pour acquis que parce que le transport actif est une composante de l’activité physique, les gens qui font du transport actif sont nécessairement plus actifs. Cela dit, selon nos résultats, les adultes canadiens ne semblent clairement pas réduire leur activité physique après avoir fait du vélo utilitaire.


Le transport actif et la santé

Nous avons ensuite évalué la relation entre le transport actif et des mesures objectives de plusieurs indicateurs de santé physique. Nos analyses ont été ajustées notamment pour le sexe, l’âge, le niveau d’éducation, le revenu et l’activité physique occupationnelle des participants.

Nos résultats suggèrent que les effets du vélo sont beaucoup plus importants que ceux de la marche. L’intensité plus élevée du vélo pourrait expliquer en partie ces résultats. Nous avons néanmoins observé que les adultes qui marchaient le plus avaient une masse grasse inférieure (telle qu’estimée d’après la mesure des plis adipeux du biceps, triceps, de l’omoplate, de la crête iliaque et du mollet).

Ainsi, si nos résultats pour la marche sont plutôt modestes, ce n’est définitivement pas une raison de ne pas continuer à marcher ! La marche peut être plus bénéfique pour la santé chez les gens plus âgés, ceux qui ont une moindre condition physique. De plus, les bienfaits peuvent être augmentés en marchant plus vite (Shephard, 2008). Il est aussi à noter que dans notre étude, les participants qui rapportaient davantage de marche ont accumulé moins d’activité physique d’intensité faible (tel que mesuré avec l’accéléromètre). Ainsi, ils semblent avoir compensé pour la marche en réduisant leur activité physique durant le reste de la journée. D’autre part, nous n’avons pas évalué les effets de la marche sur la santé mentale et sur des variables comme la congestion routière et les émissions de gaz à effet de serre et de particules fines.

Quant au vélo, nous avons observé que comparativement aux participants qui ne faisaient pas de vélo, ceux qui rapportaient au moins une heure par semaine de vélo utilitaire avaient une capacité aérobie plus élevée et ils présentaient des valeurs inférieures pour les variables suivantes :


  • l’indice de masse corporelle
  • la circonférence de taille
  • le ratio entre le cholestérol total et le cholestérol HDL (ce dernier étant le « bon cholestérol », donc c’est préférable que le ratio soit plus bas
  • l’hémoglobine glyquée (un marqueur du contrôle de la glycémie – cette variable est plus élevée chez les diabétiques)
  • la protéine C-réactive (une protéine pro-inflammatoire sécrétée entre autres par les cellules adipeuses et qui augmente le risque de maladies cardiovasculaires)
  • les triglycérides sanguins (des molécules de gras qui, lorsque présentes dans le sang en trop grande quantité, contribuent à la formation de plaques d’athérosclérose qui, en diminuant la « lumière » des artères (soit le diamètre dans lequel le sang peut circuler), augmentent le risque de maladies cardiovasculaires).


Ainsi, dans l’ensemble les gens qui rapportaient plus de vélo avaient un meilleur profil de santé cardiovasculaire. Ces résultats sont cohérents avec d’autres études sur le sujet (Oja et al., 2011) et avec notre étude précédente à partir des données de l’Enquête canadienne sur les mesures de santé chez les jeunes de 12 à 19 ans (Larouche et al., 2014).

Voilà, c’est maintenant l’heure d’enfourcher mon vélo pour retourner à la maison et ensuite aller courir quelques kilomètres avant le souper :)


Références

Gomersall SR, Rowlands AV, English C, et al. (2013). The ActivityStat hypothesis. Sports Medicine. 43(2), 135-49.

Larouche, R., Faulkner, G., Fortier, M., Tremblay, M.S. (2014). Active transportation and adolescents’ health: the Canadian Health Measures Survey. American Journal of Preventive Medicine, 46(5), 507-515.

Larouche R, Faulkner G, Tremblay MS. (2016). Active travel and adults’ health: the 2007-2011 Canadian Health Measures Surveys. Health Reports, 27 (4), 10-18.

Oja P, Titze S, Bauman A et al. (2011). Health benefits of cycling: a systematic review. Scandinavian Journal of Medicine and Science in Sports, 21(4), 496-509.

Organisation mondiale de la santé. (2010). Recommandations mondiales en matière d'activité physique pour la santé. http://www.who.int/dietphysicalactivity/factsheet_recommendations/fr/


[i] Utilitaire, dans le sens où la marche et le vélo sont employés comme un moyen d’aller quelque part et non pas seulement pour le plaisir.

vendredi 26 février 2016

Notre travail utilisé comme élément de preuve en cour suprême





 L’hiver dernier, j’ai fait partie d’un groupe d’experts qui a développé un énoncé de position sur le jeu actif à l’extérieur chez les enfants. L’énoncé a été publié en juin 2015, conjointement avec le Bulletin de l’activité physique chez les jeunes de ParticipACTION et j’en ai résumé les grandes lignes sur ce blogue. Brièvement, l’énoncé stipule que :

« L’accès au jeu actif à l’extérieur et dans la nature, avec les risques que cela comporte, est essentiel au développement sain de l’enfant. Nous recommandons d’augmenter les occasions que les enfants ont de jouer de façon autonome dehors, dans des environnements variés, soit à la maison, à l’école, au service de garde, dans la communauté et dans des environnements naturels. »

J’ai appris lundi matin que l’énoncé de position a été utilisé, avec succès, comme un élément de preuve devant la cour suprême de la Colombie-Britannique.

Dans le procès Thompson c. Corp. of the District of Saanich, une mère de famille poursuivait la municipalité en responsabilité civile (pour obtenir un montant d’argent) parce que sa fille a subi une blessure à la tête en jouant dans le terrain de jeu durant un camp d’été. Cette malheureuse blessure est survenue lorsqu’elle s’adonnait à une variante de la tag, sur une structure de jeu.

De son côté, la défense prétendait que la municipalité prenait toutes les précautions nécessaire pour éviter que les enfants soient exposés indument à un danger. Cela n’implique pas qu’elle doit empêcher l’occurrence de toute blessure.

Dans sa décision concise, le juge Justice Baird insiste sur le fait que la jeune fille a participé à ce jeu de son plein gré et qu’elle y participait régulièrement. Il observe également que l’équipement du terrain de jeu était tout à fait réglementaire. Le juge écrit d’ailleurs :

« Je soupçonne que la plupart des canadiens sont familiers, d’une façon générale, avec la mission de ParticipACTION pour promouvoir un mode de vie plus actif à l'échelle nationale. Leur bulletin conclue entre autres que la santé physique à long terme et le développement de l'enfant devraient être valorisés autant que la sécurité et que les règlements visant à prévenir les blessures et à minimiser le risque de poursuites en responsabilité civile sont devenus excessifs et contre-productifs pour la santé et la condition physique des jeunes [traduction libre]. »

En somme, la poursuite reposait sur la distinction entre les concepts de « danger » et de « risque », deux concepts qui ne sont pas synonymes (voir Brussoni et al., 2015 et Tremblay et al., 2015 pour une discussion approfondie). Par exemple, patiner sur un lac semi-gelé serait clairement un danger (c’est évident, mais il arrive à l’occasion qu’un adulte meurt de cette façon) ou employer des outils en métal à l’extérieur durant un orage électrique. Dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui, on a davantage affaire à ce qu’on appelle un jeu actif comportant un élément de risque (voir Brussoni et al., 2015). Comme l’auteur Tim Gill mentionne sur son blogue, l’accident de Mme Thompson est regrettable, mais il illustre que dans certains cas, personne n’est à blâmer pour un accident.

Cette décision est particulièrement importante dans un contexte où les autorités scolaires et municipales sont portées à restreindre des activités normales (parfois aussi banales que le ballon-chasseur, la tag et la glissade) par peur d’être poursuivies en « responsabilité civile ».

Si la poursuite avait eu gain de cause, cela aurait eu pour effet de renforcer les craintes de ces autorités qui auraient pu restreindre encore davantage le droit des enfants de jouer. J’ai bien dit le droit – et ce droit est protégé par la Convention relative aux droits de l’enfant des Nations-Unies (article 31), dont le Canada est l’un des pays signataires. Nous savons que le jeu actif est essentiel au développement cognitif, moteur et psychosocial de l’enfant (Tremblay et al., 2015).

J’espère donc que cette décision fera jurisprudence !


Références

Brussoni M, Gibbons R, Gray C et al. (2015). What is the Relationship between Risky Outdoor Play and Health in Children? A Systematic Review. International Journal of Environmental Research and Public Health, 12, 6423-6454.

Nations Unies. Convention internationale des droits de l'enfant. New York, NY : Nations Unies; 1989.

Tremblay MS, Gray C, Babcock S, Barnes J, Bradstreet CC, Carr D, Chabot G, Choquette L, Chorney D, Collyer C, Devane S, Herrington S, Janson K, Janssen I, Larouche R, LeBlanc C, Pickett W, Power M, Sandseter EBH, Simon B, Brussoni M. (2015). Position statement on active outdoor play. International Journal of Environmental Research and Public Health, 12, 6475-6505.

mardi 30 juin 2015

T’es pas fait en chocolat !

Je me souviens très bien d’avoir entendu cette expression durant mon enfance. L’idée est que les conditions météorologiques ne devraient pas représenter une raison valable pour ne pas aller jouer dehors. Malheureusement, de nos jours, les jeunes passent de moins en moins de temps à l’extérieur et ils consacrent davantage de temps à la télévision aux jeux vidéo, ordinateurs et téléphones soi-disant intelligents (Bassett et al., 2014). Nous savons également que plus de 90% des jeunes sont insuffisamment actifs (Colley et al., 2011).

Nous avons récemment effectué une revue systématique de la littérature sur la relation entre le temps passé à l’extérieur et la pratique d’activités physiques. Toutes les études, sans exception, ont observé que les enfants sont plus actifs quand ils sont à l’extérieur, et/ou que les enfants qui passent plus de temps à l’extérieur sont plus actifs dans l’ensemble de la journée. L’article en question a récemment été publié dans le revue International Journal of Environmental Research and Public Health.

Cette revue de la littérature indique sans ambiguïté qu’il y a un besoin criant d’encourager le jeu à l’extérieur. Par conséquent, nous avons publié dans la même revue un énoncé de position pour promouvoir le jeu à l’extérieur. Ce texte discute des nombreux autres bienfaits, dont notamment la prévention des maladies chroniques (ex : diabète, maladies cardiovasculaires, cancer) et le développement cognitif, social et affectif de l’enfant. Le jeu à l’extérieur est également bénéfique pour le développement de l’autonomie et de la résilience. Finalement, le texte discute des risques associés au temps passé à l’intérieur et du problème des parents-hélicoptère qui découragent l’activité physique.

Cet énoncé de position comprend plusieurs recommandations qui s’adressent autant aux parents qu’aux enseignants/éducateurs, aux directeurs d’écoles, aux urbanistes, aux médias, aux procureurs généraux et aux politiciens municipaux, provinciaux et fédéraux.

Fait intéressant à noter, les acteurs concernés ont été invités à évaluer l’énoncé. Plus de 95% des 1908 répondants ont indiqué qu’ils étaient fortement d’accord ou plutôt d’accord avec son contenu. Et ce, même si l’énoncé de position recommande entre autres de permettre aux enfants de s’adonner à des jeux actifs qui comportent un élément de risque.

Voici comment la question du « risque » est abordée dans cet énoncé :

« Le mot « risque » a mauvaise presse auprès des parents, du voisinage, des professionnels de la santé, des détenteurs de polices d’assurance, des écoles et des municipalités. Toutefois, pratiquer un « jeu actif comportant un risque » ne signifie pas de s’exposer au danger, comme patiner sur un lac semi-gelé ou permettre à un enfant d’âge préscolaire de se rendre seul au parc. Le jeu actif comportant un risque correspond plutôt au jeu que les enfants considèrent excitant, où les blessures peuvent arriver, mais où les enfants peuvent reconnaître et évaluer les défis en fonction de leurs propres habiletés. Permettre ce type de jeu signifie de donner aux enfants la liberté d’apprendre à grimper, d’explorer la forêt, de se salir, de jouer à la cachette, de se promener dans le quartier, de se tenir en équilibre, de faire des culbutes et de se chamailler, surtout dehors, afin d’être physiquement actifs, de développer diverses habiletés, de même que leur confiance en eux, leur autonomie, leur résilience, leur capacité à résoudre des problèmes, ainsi que de connaître leurs propres limites. Il s’agit de laisser les enfants être des enfants, mais plus en santé et plus actifs. »

Si vous voulez en savoir davantage sur ces initiatives, je vous invite à consulter le site web de ParticipACTION : http://www.participaction.com/fr/bulletin-2015/bulletin-de-lactivite-physique/  


Références

Bassett DR Jr., John D, Conger SA, Fitzhugh EC, Coe DP. (sous presse). Trends in physical activity and sedentary behaviors of U.S. youth. Journal of Physical Activity & Health.

Colley RC, Garriguet D, Janssen I, Craig CL, Clarke J, Tremblay MS. (2011). Physical activity of Canadian children and youth: accelerometer results from the 2007 to 2009 Canadian Health Measures Survey. Health Reports, 22(1), 15-23.

Gray C, Gibbons R, Larouche R, Sandseter EBH, Bienenstock A, Brussoni M, Chabot G, Herrington S, Janssen I, Pickett W, Power M, Stanger N, Sampson M, Tremblay MS. (2015). What is the relationship between outdoor time and physical activity, sedentary behaviour, and physical fitness in in children? A systematic review. International Journal of Environmental Research and Public Health, 12, 6455-6474.

Tremblay MS, Gray C, Babcock S, Barnes J, Bradstreet CC, Carr D, Chabot G, Choquette L, Chorney D, Collyer C, Devane S, Herrington S, Janson K, Janssen I, Larouche R, LeBlanc C, Pickett W, Power M, Sandseter EBH, Simon B, Brussoni M. (2015). Position statement on active outdoor play. International Journal of Environmental Research and Public Health, 12, 6475-6505.

jeudi 19 juin 2014

Augmentation importante du transport scolaire motorisé au Canada



Dans un article paru il y a deux semaines dans la revue International Journal of Environmental Research and Public Health (Gray et al., 2014), nous décrivons les changements dans les habitudes de transport des jeunes Canadiens au cours de la dernière décennie. Pour ces analyses, nous avons utilisé les données de deux études représentatives de la population réalisées par l’Institut Canadien de la recherche sur la condition physique et le mode de vie.

Dans les deux études réalisées respectivement en 2000 et 2010, les parents de jeunes de 5 à 17 ans ont rapporté le mode de transport habituel de leurs enfants. L’étude de 2000 incluait 2835 participants et celle de 2010 en comptait 3699.

Notre conclusion principale est que le pourcentage de jeunes qui n’utilisent que des modes de transport motorisés pour aller à l’école a augmenté de 51% à 62% en seulement une décennie. Cette augmentation s’est produite au détriment du nombre de jeunes qui n’utilisent que des modes de transport actif (de 28% à 24%) ou qui utilisent une combinaison de modes actifs et inactifs (de 21% à 14%). Tout ça en seulement 10 ans.


 Figure 1. Mode de transport habituel des jeunes Canadiens



Nous avons aussi observé que les jeunes qui habitaient dans des villes plus peuplées étaient plus susceptibles d’aller à l’école à pieds ou à vélo, tel qu’illustré ci-dessous. Dans les communautés de moins de 1000 habitants, seulement 13% des jeunes utilisaient le transport actif tandis que dans les villes de 100 000 à 250 000 habitants, cette proportion était de 33%. Il est fort plausible que la distance entre la maison et l’école soit moins grande dans les villes plus peuplées. D’autres études Canadiennes ont montré que les jeunes qui habitent en milieux urbain font davantage de transport actif (Rainham et al., 2012).


Figure 2.  Mode de transport habituel des jeunes Canadiens selon la population de leur communauté



De plus, conformément avec la plupart des études sur le sujet en Amérique du Nord, les jeunes dont les parents avaient un revenu familial inférieur (moins de 50 000$/année) étaient plus nombreux à utiliser le transport actif (Jeunes en Forme Canada, 2014). Nos données indiquent également que le transport actif augmente selon un gradient est-ouest : autrement dit, il est plus commun dans les provinces de l'Ouest, et beaucoup moins dans les Maritimes. Pour sa part, le Québec tire légèrement de l'arrière sur la moyenne Canadienne, tel qu'illustré ci-dessous. Pour plus de détails, je vous invite à lire l'article qui est disponible gratuitement sur ce site web.

Figure 3. Mode de transport des jeunes Canadiens par province
 

Ces résultats expliquent pourquoi le Canada a obtenu une note de D pour le transport actif dans le plus récent Bulletin de l’activité physique chez les jeunes dont j’ai discuté de façon plus détaillée sur ce blogue il y a deux semaines. Ces résultats sont cohérents avec d’autres études qui ont mis en évidence un déclin marqué du transport actif en Australie (van der Ploeg et al., 2008), aux États-Unis (McDonald, 2007) et même en Suisse (Grize et al., 2010)

Cela dit, il semble que le transport actif n’est pas en déclin dans certains pays comme les Pays-Bas, le Danemark et la Finlande. Voilà des exemples dont on devrait s’inspirer !


20 000è visite !

En terminant, je voudrais souligner que le site web http://cyclorevolution.blogspot.ca/ a reçu sa 20 000è visite cette semaine. Merci ! Si vous ne voulez pas rater le prochain article, vous pouvez cliquer sur le bouton « S’inscrire à ce site » situé en haut à droite de cette page web.


Références

Gray C, Larouche R, Barnes JD, Colley RC, Tremblay MS, Cowie Bonne J, Arthur M, Cameron C, Chaput J-P, Faulkner G, Janssen I, Kolen AM, Manske S, Salmon A, Spence JC, Timmons B. (2014). Are We Driving Our Kids to Unhealthy Habits? Results from the Active Healthy Kids Canada 2013 Report Card on Physical Activity for Children and Youth. International Journal of Environmental Research and Public Health, 11(6), 6009-6020.

Grize, L., Bringolf-Isler, B., Martin, E., & Braun-Fahrländer, C. (2010). Trends in active transport to school among Swiss school children and its associated factors: three cross-sectional surveys 1994, 2000 and 2005. International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity, 7, 28.

Jeunes en Forme Canada. Le Canada est-il dans la course?: Bulletin 2014 de l’activité physique chez les jeunes. Toronto, ON : Jeunes en Forme Canada; 2014. http://www.activehealthykids.ca/Home.aspx

McDonald, N.C. (2007). Active transportation to school: trends among U.S. schoolchildren, 1969-2001. American Journal of Preventive Medicine, 32, 509-516.

Rainham, D.G., Bates, C.J., Blanchard, C.M., Dummer, T.J., Kirk, S.F., & Shearer, C.L. (2012) Spatial classification of youth physical activity patterns. American Journal of Preventive Medicine, 42 (5), e87-e96.

van der Ploeg, H.P., Merom, D., Corpuz, G., & Bauman, A.E. (2008). Trends in Australian children travelling to school 1971-2003: Burning petrol or carbohydrates? Preventive Medicine, 46, 60-62.