Les dirigeants de plus de 100 pays sont présentement réunis
à New York pour le sommet de l’ONU sur le changement climatique. Bien que de
nombreux gouvernements tergiversent et nient leurs responsabilités, il y a tout
de même eu quelques annonces encourageantes jusqu’à maintenant (j’y reviens un
peu plus loin).
D’abord, sans grande surprise, le premier ministre
Harper a encore une fois fait l’école buissonnière (on se souvient qu’en 2009, M. Harper avait boycotté l’assemblée générale de l’ONU pour aller manger un beigne chez Tim Hortons). Cette fois ci, il a délégué sa ministre de l’environnement
pour représenter son gouvernement à New York.
Encore une fois, les pays qui émettent le plus de gaz
à effet de serre par capita (dont le
Canada, les États-Unis et l’Australie) refusent de prendre des engagements plus
ambitieux tant et aussi longtemps que les pays émergeants ne font pas de même.
Pour leur part, les pays émergeants affirment que les pays industrialisés ont
une responsabilité historique.
Ironiquement, la BBC rapportait cette semaine que les
émissions par capita de la Chine sont
désormais plus élevées que celles de l’Europe et, si la tendance se maintient,
celles de l’Inde devraient également dépasser celles de l’Europe en 2019. Il y
a au moins un argument fréquemment avancé pour justifier l’inaction qui devient
caduc.
Pendant ce temps, le mercure continue de grimper et la
probabilité de limiter le réchauffement climatique à 2 degrés Celsius diminue
de plus en plus. Surtout dans un contexte où on observe une explosion de l’exploitation
des gaz de schiste et des sables bitumineux.
Bien sûr, on a eu droit à un autre grand discours du
président Obama. Or, ses discours sont de moins en moins convaincants puisqu’il
s’est forgé une réputation de grand parleur, petit faiseur – notamment en
matière d’environnement.
Si, jusqu’à maintenant, ce texte semble être une
reprise de celui que j’ai écrit en 2011, il y a quand même au moins deux bonnes
nouvelles dignes de mention.
New York dévoile un plan à long terme…
Premièrement, la ville de New York a adopté un plan de
réduction des émissions de gaz à effet de serre dont l’objectif est une
diminution de 80% d’ici 2050. Étant donné que 75% des émissions de la ville est
attribuable aux bâtiments, le plan mettra particulièrement l’accent sur la
diminution de la consommation énergétique des bâtiments en utilisant des
sources d’énergie renouvelables. Le plan vise également les immeubles privés
qui devront dévoiler leur consommation énergétique à chaque année. Il y aura d’abord
des programmes incitatifs et, éventuellement, des mesures contraignantes qui
seront prises contre les propriétaires fautifs. Fait quelque peu étonnant :
même la chambre immobilière de New York a appuyé ce plan.
Un bémol cependant, le niveau de référence utilisé est
celui de 2005 et non celui de 1990 (qui est considéré comme référence dans le
protocole de Kyoto et les rapports du GIEC).
L’American College of Sports Medicine met l’épaule
à la roue
Plus tôt cette semaine, l’American College of Sports Medicine a annoncé une nouvelle
initiative de santé mondiale intitulée ActivEarth au somme de l’ONU. Cette
initiative vise d’une part à diminuer les émissions de gaz à effet de serre en remplaçant
des trajets motorisés par le transport actif et, d’autre part, à utiliser le
transport actif comme levier pour augmenter la pratique d’activités physiques
et améliorer la santé des populations. Pour plus de détails, vous pouvez
regarder cette vidéo en anglais.
L’initiative est basée sur 4 objectifs stratégiques :
- Rassembler les chercheurs et les praticiens de différentes disciplines liées au transport
- Utiliser la recherche multidisciplinaire comme levier pour promouvoir des changements globaux
- Sensibiliser et mobiliser les décideurs aux bienfaits du transport actif pour l’environnement, la santé et l’économie
- Établir des partenariats multisectoriels pour faciliter l’adoption de programmes et politiques innovatrices pour promouvoir le transport actif
Cette annonce accompagne un article scientifique paru ce
lundi dans la prestigieuse revue Journal
of the American Medical Association (Patz et al., 2014) qui illustre entre
autres le potentiel du transport actif pour améliorer la santé des populations
tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre de façon considérable.
Cet article constitue également une mise à jour de la série Energy and Health publiée dans la revue Lancet
en 2007. Cette série présentait différentes stratégies gagnant-gagnant pour l’environnement
et la santé. C'est encourageant de voir cette implication du secteur de la santé dans la lutte contre les changements climatiques.
Référence
Patz JA et al. Climate change: challenges and
opportunities for global health. Journal of
the American Medical Association. 2014
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